mercredi 28 décembre 2016

Bucarest en novembre : mauvaise idée.


J’annonce la couleur tout de suite, Bucarest au mois de novembre, ce n’est vraiment pas une idée de génie.

Nous y sommes restés 3 nuits et franchement, c’était un peu long.


Passons rapidement sur ce qui nous a déplu avant d’insister plus longuement sur les quelques points positifs du séjour :


- La ville est très délabrée : entre les destructions de monuments historiques, les nombreux séismes,  et le niveau de vie, ce n’est pas une ville où il est agréable de se balader en hiver. Il fait gris et moche, même les plus belles avenues sont bordées de bâtiments délabrés.

- Culturellement parlant, c’est la saison morte : les musées ferment sans prévenir avec une petite affichette sur la porte, d’autres vous font payer mais les collections ne sont pas accessibles pour cause de rénovation, et la plupart sont fermés.  Du coup, comme il y a peu de bâtiments ayant survécu au communisme, il ne reste plus grand-chose à voir si ce n’est quelques églises.

Difficile de trouver des informations fiables : la preuve, entre l’office du  tourisme, l’hôtel, le guide in your pocket et le parlement, pas un n’avait les mêmes informations concernant les horaires et les modalités de réservation d’une visite. Voir le point précédent : beaucoup de portes fermées. Si ça se trouve, on a manqué des choses intéressantes, mais bon, à quoi sert l’office du tourisme si ce n’est à les proposer ?

Heureusement, on a  fait quelques trucs cools quand même

1.       Manger

A l’opposé de la déception culinaire de Budapest, Bucarest nous a offert un festin !
La cuisine est excellente, un mélange cosmopolite venu d’Europe du Nord, d’Italie et des Balkans… Savoureuse, consistante, variée… excepté pour les desserts mais les salons de thé rattrape largement cela.

Nos adresses :

Metuka bio, végétarien et fait maison !
Crama domneasca


2.        Les thermes

Therme Bucuresti : Oui, que voulez-vous, nous ne pouvons pas résister à l’envie de faire trempette dans de l’eau chaude. Mais comment résister à une piscine extérieure à 36° alors qu’il neigeotte ?  Un moment de détente dans un décor luxueux pour un prix très abordable : 18€ par personne, pour une journée complète, avec accès aux trois ambiances : galaxy (gigantesques toboggans, sandwicherie),  the palm (bassins d’eau chaude intérieur et extérieur, cafétéria, aromathérapie et jacuzzi),  elysium (sauna, hammam, restaurant). Installations ultra-modernes, environnement très propre, beaucoup de personnel et consommations pas trop cher.

3.       Templul Coral


S’il y a une seule visite à faire, c’est bien celle-ci. Gilbert Saim, l’administrateur de la synagogue, est un puits de science qui vous transmettra sa passion (en anglais ou en français) sur ce bâtiment. Membre de la communauté juive, il se bat pour restaurer son importance, préserver le patrimoine juif de la ville de Bucarest et faire vivre le temple en organisant de nombreux évènements. Il est aussi de très bon conseil sur les choses à voir dans la ville.

C’est la personne qui nous a redonné le sourire après une journée à frapper à des portes de musées fermées.  Au-delà de la personnalité bienveillante de Gilbert Saim, le bâtiment est lui-même remarquable. Quelques photos pour vous donner un aperçu, ainsi qu’un reportage pour en apprendre plus sur l’histoire du lieu (qui a survécu à plusieurs tremblements de terre !).






Si le sujet vous intéresse, il y a également une exposition très vintage (à base de panneaux écrits à la main et à la machine à écrire s’il vous plait) dans la Grande Synagogue, qui est appelée un peu pompeusement le musée de l’holocauste. Pas un musée, mais un bâtiment et une expo très intéressante, planqués entre des blocs d’habitation très époque communiste. Pas engageant d’un premier abord, mais promis, ce n’est pas un coupe gorge !



4.       Le palais du Parlement


Il serait dommage de se priver de cette visite guidée, qui permettra d’apprendre plein de choses sur Ceausescu et sa folie des grandeurs, mais aussi sur le défi qu’à représenter la transition et la gestion actuelle du pays.

 (Je n'ai pas de photo, la batterie de rechange ayant lâchement décédé à cause du froid!)

Pour conclure…


Je dirais que Bucarest est une ville qui a du potentiel de développement, après Budapest et Rome plus tôt dans l’année, elle supporte mal la comparaison. Mais même prise pour elle-même, il semble que le tourisme dans la capitale soit au début de son développement, de l’aveu même des professionnels du domaine.

La plupart des guides ou des agences ne proposent de rester qu’une journée à Bucarest et de partir en excursion voir les châteaux par exemple.


Nous avions un petit budget et pas prévu de bouger, mais je pense que ça peut être une bonne idée. Quand on voit la qualité du merchandising autour de Dracula, on ne peut qu’imaginer que les circuits sont mieux rôdés et plus accueillants. Finalement, la Roumanie, j’y retournerais bien mais comme nos voisins allemands : pour visiter la campagne !  Et mon cher et tendre rajoute que Cluj-Napoca a l'air aussi chouette, c'est la capitale de la Transylvanie.

Rome en trois jours : trucs et astuces

Je suis partie trois jours à Rome en famille au mois de novembre… Il existe des tonnes et des tonnes d’articles pour préparer vos week-ends dans la capitale italienne, et tellement de choses différentes à voir que je ne me risquerais pas à vous lister les choses à faire.


Je vais simplement me contenter de vous donner les bonnes idées validées par notre petite troupe. Et je laisse également la carte avec les points d’intérêts et les restaurants dont nous nous sommes servis sur place (il y a des adresses transmises par des amies, que je n’ai pas testé mais qui peuvent toujours vous donner des idées !)



1. Quelques conseils en vrac


- Réservez toutes vos visites à l’avance sur le site de l’office du tourisme, celui du Vatican etc. Sérieusement, attendre, c’est mourir, et vous allez beaucoup attendre si vous ne faites pas preuve d’un peu d’organisation. Mieux vaut passer deux heures à visiter que deux heures à faire la queue pour un ticket. (enfin, ce n'est que mon avis !)

- Ne faites pas confiance aux horaires de bus de la compagnie publique pour faire le trajet de l’aéroport ciampino jusqu’à la gare ciampino (et ensuite il faut prendre le train jusqu’à la gare termini pour arriver au centre de Rome). Si vous réservez votre billet à l’avance ou à l’agence de l’aéroport dans une compagnie privée, vous en avez pour entre 4 et 6 € par personne (au lieu d’environ 4€ avec le bus + le train « public »), vous partez et vous arrivez à l’heure directement à termini. C'est aussi du temps de gagné pour les visites (et pas qu'un peu, nous avons attendu plus d'une heure le bus censé nous amener à la gare, ce qui a également décalé le train que nous avons pu prendre etc.).

2. L'hôtel


On vous conseille Imperial Room, juste à côté du Colisée. Bonne adresse transmise par ma belle-soeur et mon beau-frère : ils ne se sont pas moqués de nous !

Quand je dis juste à côté, c’est juste à côté : vous allez sur le trottoir devant l’hôtel, et BAM vue sur le Colisée. Les chambres sont spacieuses, le petit déjeuner correct, le café excellent (bon personnellement, je n'en bois pas, mais le reste de la troupe valide!), le personnel adorable et le tarif carrément abordable compte tenu de la localisation.
Ah oui, et c’est juste à côté des arrêts de bus Hop on/off pour les amateurs, et à deux pas de la station de métro du Colisée.

Quelques restaurants notables dans le coin :


- Trattoria luzzi tous les plats sont dans les 7€, faits maisons et en grande portion.  C’est un restaurant familial, avec uniquement des habitués (la devanture ne paye pas de mine). Vraiment une bonne adresse.

- Restaurant i clementini  plus raffiné, très bonne cuisine, service attentionné et ambiance détendue.

- L’excellent glacier Matteis et sa glace artisanale.



3. Nos visites près du Colisée (jour 1)



- Le Colisée : nous n'avons pas pris de visites guidées, il est déjà très impressionnant comme ça. Mais si vous souhaitez accéder aux sous-sols et au troisième étage, elle est obligatoire.  Pour préparer votre visite, je vous conseille cet excellent reportage : les mystères du passé : le Colisée.
Colisée - CC BY NC l'étrange épicerie

- La colline du Palatin : très grande surface avec énormément de vestiges, ça prend du temps (compris dans le billet du colisée)

Sur le Palatin - CC BY NC l'étrange épicerie

- Ludus Magnus : visible de l’extérieur et complètement gratuit, il s’agit des casemates des gladiateurs, autant y jeter un œil au passage
CC BY NC l'étrange épicerie - Ludus Magnus, en face de l'hôtel

- Le Domus Aurea : un bijou d’archéologie. La villa de Néron encore ensevelie, avec des fresques et des mosaïques préservées. Les fouilles sont toujours en cours, on rentre vraiment dans les coulisses des découvertes historiques ! Un coup de coeur !
superbe photo par @victor_gjzz qui lui, avait suffisament de batterie sur son appareil photo.

- La basilique Saint Clément : une visite que j’ai a-do-ré. En dessous de la basilique actuelle, se trouve une ancienne villa romaine avec l’eau courante (les canalisations fonctionnent toujours !), mais également un mithraeum (temple de Mithra) avec son autel et ce qu’on suppose être sa salle de classe. (Photos interdites...)

4. A faire le soir (et en plus c’est gratuit !)


En hiver, il fait nuit tôt et la plupart des musées ou des monuments historiques ferment à la tombée de la nuit. Il reste cependant plein de choses à faire, notamment s’y on aime s’en mettre plein les yeux et prendre des photos (spot photo en noir sur la carte)!

- Le Pincio est une colline où se trouve jardins et parc, il y a également la villa Borghese… si vous poussez un peu les amoureux qui viennent roucouler au début du coucher de soleil, vous pourrez voir tous les clochers et autres dômes romains à l’horizon.

Il faut monter tout là-haut - CC BY NC l'étrange épicerie

- Descendez ensuite jusqu’à la place d’Espagne : outre la fontaine « barcaccia », vous pouvez gravir les marches (encombrées de romain en train de papoter) jusqu’à l’église Trinita dei Monti… Vous aurez une magnifique vue sur le quartier, et l’église est également sympathique.
Attention blasphème en approche : le petit Jésus de la mini-chapelle au fond à gauche de l’église vaut le détour, pour une fois qu’il y a un truc moche dans une église italienne, je dénonce : qui donc l’a peint et saucissonné comme un rôti ??
Vue depuis les escaliers - CC BY NC L'étrange épicerie

- Allez ensuite voir la fontaine de Trévi et ses illuminations
Fontaine de Trévi - CC BY NC l'étrange épicerie

- Terminez par le Monument à Victor-Emmanuel II qui reste ouvert très tard, et qui donne une vue magnifique sur toute la ville. (les toilettes y sont super propres, si jamais cette info peut vous être utile.)
monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC L'étrange épicerie

vue sur le Colisée depuis le monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC l'étrange épicerie

vue depuis le monument à Victor-Emmanuel II - CC BY NC l'étrange épicerie


J'espère que ce petit article vous a plu et que vous y trouverez des informations utiles ! 

A bientôt pour la suite de mes aventures, direction Bucarest !

 




samedi 10 décembre 2016

Vostok – Laurent Kloetzer

Résumé

Vostok, Antarctique. L’endroit le plus inhospitalier sur Terre. Des températures qui plongent jusqu’à – 90 °C. En 1957, les Russes y ont installé une base permanente, posée sur un glacier de 3 500 mètres d’épaisseur, ignorant alors qu’à cet endroit, sous la glace, se cache un lac immense, scellé depuis l’ère tertiaire. Pendant des décennies, équipe après équipe, puits après puits, ils ont foré la glace. Pour trouver, peut-être, des formes de vie jusque-là inconnues.
Vingt ans après la fermeture de la base, un groupe d’hommes et de femmes y atterrit, en toute illégalité. Ils vont réchauffer le corps gelé de Vostok, réveiller ses fantômes. Ils sont là pour s’emparer du secret du lac. S’ils échouent, il ne leur sera pas permis de rentrer vivants chez eux.
Situé dans le même futur qu’Anamnèse de Lady Star, Vostok narre l’incroyable aventure d’une très jeune femme, Leonora, condamnée à laisser les derniers vestiges de son enfance dans le grand désert blanc.


sublime couverture d'Aurélien Police

Mon avis


Vostok est une petite pépite, qui se déguste comme on laisse fondre un chocolat sous sa langue. 

Le roman commence au Chili dans un futur proche, pays où s’affrontent deux mafias rivales, le Cartel (auquel appartiennent les personnages principaux), et les Andins. 

Les éléments fantastiques/SF sont très légers, il pourra donc plaire même aux gens peu attirés par ce genre : on trouve uniquement quelques drones, des  personnes perpétuellement connectés à l’interface ou les ghosts (une personne qui n’existe que tant que quelqu’un pense à elle)

Nous allons suivre Léonora, la petite sœur de Juan, chef du Cartel et prophète. Pour gagner cette guerre des clans, Juan doit pénétrer dans le système des Andins, et pour cela, dérober une clé que seule Veronica Lipenkova, une scientifique russe, détient… 

Mais évidemment, rien ne se passera comme prévu et il faudra se rendre jusque Vostok, Antarctique, pour révéler les mystères de la clé.


Le récit se partage entre les extraits du témoignage de Veronica Lipenkova, et la vie de Léonora

La jeune adolescente ne rêve que de fuir la prison dorée où son frère la retient pour sa propre sécurité, d'échapper à la violence du Cartel. C’est un personnage très touchant, plein d’espoir et de projets, avec un regard critique et juste sur le monde qui l’entoure. Elle a pour compagnon un ghost, Araucan,  leur relation est particulière, très tendre et enfantine.  Ils se verront tout deux entraînés à la suite du charismatique Juan. La relation entre le frère et la sœur est compliquée, conflictuelle, mais aussi extrêmement touchante.

J’ai lu à plusieurs reprises que ce roman est un excellent thriller technologique. C’est un excellent roman, c’est une certitude. Mais je ne le décrirais pas ainsi. J’ai vécu un pur moment hors du temps, dans une ambiance pesante et onirique comme la glace. C’est un récit lent mais passionnant et surtout plein de poésie.  C’est un espace à part, aussi étrange que doit l’être ce bout de monde glacé et ses secrets

La technologie est présente dans les avancées scientifiques de Veronica, qui raconte l’épopée de ses recherches des années 50 aux années 90 et nous transmet sa fascination, ses questionnements sur les secrets de Vostok, sans que jamais cela ne soit indigeste.

J’ai eu le sentiment de participer à une chasser au trésor passionnante, pleine de la magie des lieux difficilement accessibles et encore plein de mystères. 
Un coup de cœur !

 PS : un livre qui donne également très envie de se passionner pour les recherches passées et en cours sur la base de Vostok, car si Veronica Lipenkova n’existe pas, de valeureux chercheurs ont réellement participé à cette grande aventure scientifique.

Une petite sélection de liens :

vendredi 9 décembre 2016

Zone Est – Marin Ledun


Résumé

Thomas Zigler vit en Zone Est. Un immense territoire dans la région autrefois appelée Rhône-Alpes, coupé du reste du monde par de hauts murs.

Personne ne sait ce qu'il s'y passe. Thomas a à peine connu le monde d'avant la catastrophe. Un banal accident de labo qui a viré au cauchemar.

La population a été touchée par un virus et les survivants sont tous aveugles et bardés d'organes artificiels. Thomas n'y a pas échappé non plus.

Dans la Zone Est, il est payé pour voler la mémoire des gens aux profits de criminels intouchables. Mais lors d'une mission, il voit dans les souvenirs de sa victime une jeune femme « normale ». Or plus personne depuis 20 ans n'a vu d'humain biologique dans la Zone Est…

Mon avis


Zone est est un roman qui commence très bien : on suit Thomas, un humain « augmenté » d’yeux lui servant d’ordinateur intégré autant que de matériel pour piquer les souvenirs des gens, pendant l’une de ses missions. Dès les premières pages, un mystère apparaît, pourquoi cette jeune femme semble-t-elle 100% naturelle, dans une zone où il n’existe que des humains modifiés. Impossible de le lâcher.
Une ambiance cyberpunk pleine d’action, une intrigue qui se déroule comme un thriller visant à déjouer des complots, jusqu’au deux tiers du bouquin, j’étais convaincue et enjouée

Certes, des éléments de construction de l’univers semblent un peu bancal, certains personnages changent de camp comme on change de chemise : mais tout sera expliqué plus tard n’est-ce pas ?

En effet, tout s’explique dans ce dernier tiers, avec une telle débauche de grosses ficelles et de « retournements » de situation que cela en devient indigeste. Un tel manque de subtilité m’a littéralement donné l’impression qu’on se moque de moi. Tout ça pour ça ? Quand bien même ce dénouement peu original soulève quelques questions de type  « finalement êtes-vous protégés à l’intérieur ?  Qui est réellement informé ? L’industrie pharmaceutique, tous des pourris », ce n’est pas suffisant pour être satisfaisant.
C’était une lecture commune avec mon conjoint, qui a calé dans sa lecture à 80% sur sa liseuse, n’ayant même pas envie de continuer.

Une lecture décevante, avec un environnement de ce type et une intrigue entraînante, l’auteur avait sûrement dans ses cartons de quoi faire une fin moins facile.

samedi 5 novembre 2016

La Lorraine sorcière - Roger Maudhuy



Résumé :

Voici enfin un livre original sur la sorcellerie en Lorraine ! Original, en effet : dans la première partie, l’auteur fait œuvre d’historien et se penche sur le procès d’un couple de sorciers, sur le fameux juge Nicolas Remy (qui fit brûler entre 2 et 3 000 sorciers et sorcières) et sur les éléments merveilleux du procès d’une sorcière nommée Jeanne d’Arc. Il redevient folkloriste dans les deux parties suivantes, et nous conte légendes et croyances autour de la sorcellerie, sur la base notamment des souvenirs de nombreux témoins. De l’inédit, donc. Dans la quatrième partie, il se mue en anthologiste, mettant en majesté trois lorrains, Mathilde Dufour, Georges Lionnais et Emile Moselly. Enfin, en guise de conclusion, il nous invite à le suivre chez Marie, la dernière sorcière de Lorraine. Un livre envoûtant, qui ravira le lecteur

Mon avis :

Les ouvrages dits « régionaux » ne sont pas toujours de grande qualité ni très recherchés dans leur trame. Après tout, une maquette commune pour toute la France et quelques anecdotes locales et le tour est joué. Et puis bien souvent, on imagine à qui ce genre de livres s’adressent et on leur colle un petit côté vieillot puisqu’après tout nous sommes sur le terrain du terroir et de la tradition.

Mais parfois, au milieu de la production en série, se distingue une petite pépite.

C’est le cas de cet ouvrage de Roger Maudhuy.
 
En effet,  dans une première partie très intéressante, il dresse un portrait historique de la sorcellerie en Lorraine (par exemple, il utilise les procès-verbaux des jugements de « sorcières » conservés par les archives) de manière pertinente et accessible, non sans une touche d’humour.
Il prend également le temps d’expliquer l’évolution de la perception de la sorcellerie dans la région, notamment en s’appuyant sur les témoignages de maîtres d’école ou de curés s’étend établi dans la région et découvrant les croyances locales. 
La Roche du Diable à Xonrupt (88 - Vosges)

Dans les parties suivantes, on découvre les légendes, histoires de sorcières et de fées du terroir local. Il s’agit d’histoires récoltées par des folkloristes antérieurs… mais surtout et c’est ce qui fait pour moi le charme de cet ouvrage : Roger Maudhuy a vérifié si ses légendes étaient bien connues des Anciens vivants dans ces villages de légendes, certains lui en ont même raconté de nouvelles variantes.
Un vrai travail de recherche et de vérification a été entrepris, et pour autant, nous sommes bien face à un recueil de légendes, pas à une étude universitaire. 
On se croirait presque à une veillée.
Et si la lecture de cet ouvrage n’a pas étanché votre soif d’histoires de démons et de sorcières, la bibliographie proposée saura sûrement vous procurez de nouveaux frissons.

vendredi 4 novembre 2016

Mr Robot : 5 raisons pour se lancer dans la série


Pourquoi regarder la série diffusée sur France 2

1.       Une série relativement réaliste techniquement


La série ne prend pas le téléspectateur par la main, et c’est normal, les hackers parlent d’informatique entre eux et ne définissent pas chaque mot. N’attendez pas à ce qu’on vous explique ce qu’est un proxy, le dark web ou une attaque DDOS. Ce sera aussi l’occasion de se renseigner sur la culture du libre (dites bonjour à Richard Stallman), à l’internet des objets connectés.
Si vous avez l’impression de lire du chinois, il faudra alors vous renseigner sur l’ami google (enfin après avoir vu la série, vous aurez sûrement plutôt envie de poser la question à Qwant ou Duck duck go).

Mais en attendant, cela confère de la puissance au propos, du rythme aux épisodes, on ne se perd pas en passage didactique.
Et puis je vais vous dire un secret : ce n’est pas important de comprendre tout l’aspect technique ;)

Quand je regarde Grey’s Anatomy, je ne m’inquiète pas de comprendre les analyses sanguines !

Evidemment, n’espérez pas pour autant que la série vous livre le mode d’emploi pour hacker la boîte mail de votre voisin ou vendre vos enfants sur le dark web, certains raccourcis scénaristiques et facilités techniques ont été pointés du doigt par des spécialistes de sécurité informatique.


2.       Une vraie réflexion sur la technologie


Mon côté parano fait régulièrement clignoter le bouton « surveillance partout, respect de mes données personnelles nulle part ». En même temps, j’ai un compte google, donc je me tire une balle dans le pied. Comme beaucoup de gens : parce que c’est plus simple.

Mais cette série permet de comprendre ce que cela implique réellement de laisser traîner nos données personnelles partout sur internet. A moins de vivre totalement déconnecté ou d’être particulièrement patient pour paramétrer une machine fiable et d’adopter un comportement hyper conscient et responsable en permanence, personne n’échappe à la collecte de ses données :

Collecte volontaire quand vous remplissez votre compte facebook ou instagram ou que vous utilisez what’sapp (Facebook inc.) ou linkedin (microsoft), quand vous cliquez sur j’accepte les conditions sans les lire (ou lorsque vous faites une carte de fidélité), quand vous acceptez que cette application de minuteur ait accès à l’ensemble des données de votre smartphone.
Involontaire quand yahoo laisse fuiter vos informations et omet de vous prévenir.
N’avons-nous vraiment rien à cacher ? ou plutôt : ce qui peut être ouvertement recherché aujourd'hui, le sera-t-il encore demain?

Si  Google, Apple évoluaient comme E Corp dans la série, ajoutant des services bancaires et des mutuelles aurions-nous encore envie de faire des recherches sur doctissimo?


Les questions qu'on lit en arrière-plan dans la série pourrait  être :
- faut-il détruire internet pour en être libéré ?
- Doit-on s'en libérer, d'ailleurs?
- Quelle éthique adopter?

Réfléchir sur la technologie aujourd'hui, c'est aussi réfléchir sur la société.

3.       Les personnages


C’est un vrai plaisir d’avoir des personnages vraiment diversifiés, le personnage principal d’Eliott est une figure puissante, mais les personnages secondaires qui gravitent autour ont leur existence propre, ne sont pas que des prétextes à faire avancer l’intrigue. Les femmes présentes à l’écran ne sont ni de simple faire-valoir, ni des clichés. Des personnages de différentes origines, nationalités, de différents milieux sont représentés. Ça donne vraiment le sentiment que le scénariste a recréé un pan de société, et pas uniquement un décor où évoluent des personnages.

4. Le scénario


Je ne vais pas vous spoiler, donc c’est assez délicat d’en parler finalement… Mais honnêtement, ça fait plaisir de pouvoir regarder une série exigeante :  vous pensez avoir tout compris et on vous retourne le cerveau avec génie. C’est parfois un peu frustrant, je ne vous le cache pas. Mais c’est d’autant plus prenant, où veut en venir cette série ?  Parce que j’en parle comme d’une série qui fait réfléchir, qui est exigeante, certes certes, mais ça reste un divertissement : plein de suspense, de rebondissements, de coup de flip, de moment de vie. C’est vraiment une série complète.

5.  Le retour de la SF de qualité à la TV ?


Ce n’est pas de la grande science fiction à vaisseau spatiaux, plutôt une très légère anticipation. Mais ça passe sur France 2. Pas sur Canal +, Orange OCS ou Syfy : elle est sur le devant de la scène pour tout le monde. Et c’est bien, j’ai l’espoir que ça donne envie à d’autres chaînes publiques de se lancer.
C’est couillu de commencer avec Mr. Robot, c’est le genre de série que j’aurais plus facilement vu sur arte comme Trepalium (sauf que Trepalium, c’était pas gégé). Parce qu’elle s’adresse à un public féru de technologie pour qui la TV est bien souvent déjà un objet du passé.  Parce que mes parents et mes grands-parents s’en tamponnent d’internet, bien qu’ils l’utilisent tous.
Et le médiateur numérique en moi s’en réjouit : peut-être que sur tous les gens qui tomberont dessus, certains se diront que finalement, la technologie, ça peut être intéressant.



Xavier de La Porte, chroniqueur numérique sur France Culture disait  qu’il s’étonnait qu’en 2016, encore trop de monde décide d’éteindre son intelligence dès qu’on parle d’internet.   Je pense que cette série donnera envie à un plus grand nombre de l’allumer. Peut-être même d’ouvrir un terminal ou de prendre un tournevis.

jeudi 3 novembre 2016

L'épicière veille #4 Internet doit-il disparaître, l'archéoastronomie, Wikitongues, Procrastination

 
Matt Howard - The Center for Nanoscale Materials at the Advanced Photon Source. Photo courtesy of Argonne National Laboratory.

Internet doit-il disparaître?

Un excellent billet en deux parties du non moins excellent blog "Mais où va le web".  Derrière ce titre un peu tape provocateur, l'auteur développe une très intéressante réflexion sur la façon dont internet devrait évoluer, et de sa dissolution dans notre quotidien. Si le numérique vous intéresse, c'est vraiment un blog à suivre : vous trouverez peu de site de cette qualité, avec une vraie analyse ni technophobe ni technophile, l'auteur puise ses sources dans des ouvrages et des sites divers qui sont également très intéressants à parcourir. Bref : allez-y faire un tour!
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Andrew Dunn - Solstice Sunrise over Stonhenge

L'archéoastronomie

Quand l'archéologie et l'astronomie se mélangent, cela donne une démarche scientifique pour expliquer notamment la disposition des mégalithes ou les évènements astronomiques passés. Je dois avouer que je ne sais pas trop s'il faut classer cela en science ou en pseudoscience (avec l'astroarchéologie qui voit des hommes verts dans les pyramides.). Mis à part cet article wikipédia, j'ai trouvé peu de mention de cette discipline, mais c'est néanmoins très intéressant et intriguant.
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Andrei Nacu

Wikitongues : écouter des langues dont vous ignoriez l'existence

Sur la chaîne wikitongues, vous pourrez écouter aussi bien des langues "communes" comme le chinois ou le français, que des dialectes tels que le français louisianais ou l'allemand texan ou des vidéos en langue des signes suisse français / suisse allemand... Le concept? Un locuteur s'exprime dans une courte vidéo avec ou sans sous-titre. Laissez-vos oreilles partir en voyage!
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Painting of Russian writer Evgeny Chirikov - Ivan Semenovich Kulikov

Procrastination, épisode 1 la technique en question

Un nouveau podcast chez Elbakin.net pour améliorer ses techniques d'écriture, en compagnie de Mélanie Fazi, Lionel Davoust et Laurent Genefort. 
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vendredi 21 octobre 2016

Découvrir la première carte routière jamais inventée !

Je n'ai jamais évoqué ici mon grand intérêt et ma curiosité insatiable pour la cartographie. Dans mon salon, j'en 6, sans compter celles qui couvrent l'assise de mes chaises en bois. Et je change régulièrement les cadres.

Cette semaine, j'ai eu l'occasion de me pencher sur une merveilleuse carte.

Il s'agit de la table de Peutinger, qui est une reproduction (réalisée au moyen-âge) d'une carte romaine (4ème siècle) où sont indiquées les principales routes de l'empire. Aussi, il ne s'agit pas vraiment d'une carte au sens strict, mais plutôt de la représentation du réseau routier de l'époque. Elle se présente à l'origine sous la forme d'un rouleau de près de 7 m de long et 34 cm de large, découpé en 11 morceaux. Le 12ème a été perdu, mais la copie de 1887 tente de le reconstituer.

Burituri, reproduction de 1887

La Burituri c'est chez moi... et oui, la Lorraine française et ses peuples celtes (les Leuques qui n'apparaissent pas sur la carte mais sont de la région de Toul, les Médiomatriques et les Trévires) étaient rattachés à la Belgique par les Romains.*
parchemin original, 1265


Il existe différentes copies, ici celle de 1265, elle est assez abimée, mais il y a un très bon niveau de zoom. Et il est facile de naviguer dessus.

Vous pouvez  consulter la version de 1887 dans son intégralité, avec un zoom correct.
Elle est plus lisible.

Si vous souhaitez faire une recherche par segment, c'est possible sur le site Bibliotheca Augustana.

Mais le clou du spectacle et la magie de l'internet, c'est l'Omnes Via réalisé par René Voorburg, la superposition de ce réseau routier à nos cartes actuelles (google maps). Vous pouvez même faire une recherche en latin ou en français pour retrouver votre ville. Vous pouvez également faire un itinéraire entre deux villes : spoiler alert, l'A31 n'est pas une idée neuve !


* Pour tout vous dire, c'est en faisant des recherches sur les celtes en Lorraine que je suis tombée sur cette carte, je l'avais déjà vu sans trop comprendre son utilité, mais maintenant je suis opérationnelle, j'adorerais avoir une giga reproduction chez moi. Ou un tapis façon tapis rouge pour mes escaliers, mais c'est un coup à se prendre les pieds dedans en essyant d'aller à Rome!

jeudi 20 octobre 2016

Un pont sur la brume - Kij Johnson


Pendant mes vacances en Hongrie, je n’ai pas uniquement dévoré la chardon et le tartan, j’ai aussi continué mon exploration de la collection une heure de lumière au Bélial’, fortement tentée par la chronique de l’ours inculte.

couv. Aurélien Police

Résumé :

Kit Meinem d’Atyar est peut-être le plus doué des architectes de l’Empire. Peut-être… et tant mieux. Car il lui faudra convoquer toutes ses compétences, l’ensemble de son savoir pour mener à bien la plus fabuleuse qui soit, l’œuvre d’une vie: un pont sur le fleuve de brume qui de tout temps a coupé l’Empire en deux. Un ouvrage d’art de quatre cent mètres au-dessus de l’incommensurable, cette brume mortelle, insondable, corrosive et peuplée par les Géants, des créatures indicibles dont on ne sait qu’une chose : leur extrême dangerosité…
Par-delà le pont… l’abîme, et pour Kit une aventure humaine exceptionnelle.

Mon avis :

Kij Johnson crée en 140 pages un univers envoutant et singulier, où un fleuve de brume sépare Loinville de Procheville.  On ignore ce qui se cache exactement dans cette immensité blanche, mais seuls quelques passeurs ont la connaissance nécessaire pour naviguer d’une rive à l’autre sans trop de dégats. La construction d’un pont va changer la vie de tout l’empire, mais surtout le quotidien des villageois. A travers le regard de Kit Meinem d’Atyar, on observe les transformations du paysage, mais également l’évolution des habitants, de leur point de vue sur le chantier, leurs espoirs et leurs craintes. 

C'est une novella qui observe la société, les relations humaines, l'accueil du progrès. Elle plonge dans les attentes profondes des personnages, on découvre souvent en même temps qu’eux leur moteur, ce qui les pousse à vivre. C’est une peinture aux traits fins, un roman qui se lit d’une traite, pas pour son suspense et ses scènes d’action, mais parce qu’on s’attache aux personnages et à la petite vie du territoire.
Cela fait plus d’un mois que j’ai lu Un pont sur la brume, et j’en garde une image très tendre, douce-amère sur l’évolution du monde, sur les humains et les ponts qui les relient.Une lecture apaisante, un cocon en dehors du monde que j'ai vraiment adoré.

mercredi 19 octobre 2016

Playlist Outlander, le chardon et le tarton de Diana Gabaldon

J’ai fini les 7 premiers tomes de la saga le chardon et le tartan (outlander) de Diana Gabaldon et arrivée à la fin je me suis dit que j’écouterais bien un peu de musique celtique. Je me suis donc tournée vers notre chère Bretagne, puis j’ai essayé d’étendre aux chansons folkloriques écossaises mais n’y connaissant rien je me suis vite perdue dans les méandres d’internet, sérendipité quand tu nous tiens. 

Du coup, je me suis dit que j’allais jouer ça plus intelligemment, il y a plein de titres cités dans la saga, elle court depuis les années 90… il y a forcément quelqu’un qui a eu envie de compiler cette liste quelque part.

J’ai donc trouvé le St Graal de la flemme et de l’anti-perdition sur Wikipédia sur Outlander Wikia [attention, tous les tomes de la saga sont présents, si vous en êtes tout au début les extraits peuvent peut-être spoiler un peu], la personne qui a compilé les titres a même déjà mis les liens vers Youtube, je n’ai plus eu qu’à en faire une playlist en mettant à jour les vidéos disparues. Un grand merci aux contributeurs!






Mes pérégrinations m'ont également conduites aux chansons du groupe Steeleye Span, dont j'apprécie particulièrement le style ! Et puis cette chanson rentre totalement dans le thème Outlander, puisqu'elle parle des jacobites.

dimanche 9 octobre 2016

Outlander, histoire de ma disparition

Bonjour à tous,

Je n’ai pas été très active sur le blog  ces derniers temps *euphémisme*, mais ce n’est pas pour autant que je ne lis pas. Bien au contraire.

En fait, je suis tombée dans la série Outlander, ou  plutôt le Chardon et le Tartan (pour une fois je trouve le titre VF bien plus classe)… Et je suis devenue complètement accro. Or ça présente un paquet de pages : 8 tomes d’environ 600 pages chacun.



Je ne sais pas comment vous en parler, parce qu’honnêtement, je n’étais pas trop convaincue par le pitch au départ, ça sentait le voyage dans le temps un peu facile, l’histoire d’amour complètement niaise, les rebondissements capillotractés.

1945. Claire passe ses vacances en Écosse, où elle s'efforce d'oublier la Seconde Guerre mondiale auprès de son mari, tout juste rentré du front. Au cours d'une balade, la jeune femme est attirée par un mégalithe, auquel la population locale voue un culte étrange. Claire aura tôt fait d'en découvrir la raison : en s'approchant de la pierre, elle se volatilise pour atterrir au beau milieu d'un champ de bataille.

Le menhir l'a menée tout droit en l'an de grâce 1743, au coeur de la lutte opposant Highlanders et Anglais. Happée par ce monde inconnu et une nouvelle vie palpitante, saura-t-elle revenir à son existence d'autrefois ?

Le début d'une série incontournable !

Pourtant, c’est incroyablement addictif, ça se lit très bien sans que le style soit bâclé, c’est romantique, sexy et passionné, et… ça fait fondre mon petit cœur. Je déteste les romances, je n’accroche pas spécialement aux romans historiques mais là, dans ces décors sauvages, avec ces personnages au fort tempérament... finalement j'adore! Et j’adopterais bien un écossais en kilt.


Quand bien même les réactions des personnages sont un peu agaçantes (ah ces femmes indépendantes pourtant totalement à la merci de leur mâle dominant). Je n’arrive pas à en vouloir à l’auteur, parce son histoire m’habite vraiment. Et parce que malgré ces écarts propres à la romance, on a de nombreux personnages féminins principaux et secondaires recherchés, avec un fort tempéremment qui ne s'en laissent pas conter par les convenances et leurs époux.

Les relations entre les personnages, leur éthique et leurs valeurs ne font pas le seul attrait des romans. J’adore en apprendre plus sur les traditions écossaises, sur le XVIIIe siècle et ses inventions, ses découvertes, l’exploration…  Et je me laisse envouter par la sorcellerie et la médecine de Claire. Egalement une mention spéciale aux personnages secondaires que je trouve vraiment très attachants, avec un gros coup de cœur pour John Grey* dont j’attends toujours avec impatience les apparitions.

ça me donne envie de dévorer la suite, et puis de me replonger dans les légendes celtiques...Ce n'est pas un monument littéraire, mais il me passionne et éveille ma curiosité et me donne envie de faire des recherches sur plein de sujets, alors selon mes critères, c'est un excellent livre!


Voilà, vous savez pourquoi j’ai disparu de la circulation. Si jamais je ne reviens pas, sachez que j’essaye de convaincre mon cher et tendre d’aller en Bretonie ou en Ecosse histoire d’aller tâter du menhir (non pas de l’écossais en kilt, je sais me tenir), peut-être qu'on disparaîtra au milieu d'un cercle de pierre?

*qui bénéficie d’une saga à lui tout seule, mais je vais calmer mes ardeurs un petit peu, histoire de lire autre chose que cette brave Anna Gabaldon cette année. Et puis les premiers tomes m’ont l’air épuisés.

Concernant la série : je ne compte pas la regarder, les acteurs que j’ai vu dans la bande annonce sont à des années lumières de la représentation que je m’en fais, aussi, je m’y pencherais peut-être une fois ma folie furieuse outlander achevée, mais pas pour l’instant.

J’essaye de revenir bientôt pour vous parler d’autre chose, comme Mr Robot, cette série avec de vrais hackers et des vraies questions d’éthique informatique ou mes autres lectures récentes. Mais pas tout de suite, je viens de commencer le sixième tome !

mardi 13 septembre 2016

5 jours à Budapest (+1 jour de galère)

Une semaine en Hongrie, de la galère au Danube.

Dimanche dernier je m’envolais pour Budapest.  Mais ça n’a pas vraiment bien commencé…
La semaine précédente, j’étais dans les starting blocks, routard post-ité, valise prête, tous les billets et réservations imprimées, bref, je n’avais plus qu’à sauter dans l’avion.
Et puis en milieu de semaine, j’ai commencé à avoir mal au dos. Vendredi, après une nuit blanche et une réunion et les regards peinés de mes collègues, j’ai demandé si je pouvais ramper jusque chez le médecin dans l’espoir qu’il me trouve un truc qui me permette de pouvoir profiter de mes vacances. 

Mon médecin a qualifié ma « petite » crise de « lombalgie aigüe mais bénigne ». Ça veut dire que t’as mal à en pleurer,  mais qu’en même temps y’a pas grand-chose à faire, à part prendre une valise de cachetons, dont des anti-inflammatoires. Dois-je rappeler la qualité des vignobles hongrois, le prix du verre ? Le fait que nous ayons prévu de prendre le train et pas la voiture sur place pour pouvoir faire des dégustations.  Enfin, ça c’était dans l’optique où j’arrivais à me traîner jusqu’au train. Devant mon pessimisme (le mot est faible), ma grand-mère, grande connaisseuse, malheureusement, de la galère à se déplacer avec une crise de douleur, m’a gentiment filé une ceinture lombaire que mon médecin n’avait pas pensé à me prescrire.

Etant incapable de  porter mon sac à dos rando/photo, j’ai du « courir » la veille du départ chez Decathlon, une semaine de rentrée, un samedi pour aller acheter leur bébé sac afin d’agrandir la famille (un jour je prendrais une photo de famille de mes sacs de voyage et valise). Et puis il a fallu redéfaire l’autre sac pour faire le petit nouveau. Rien de bien grave, mais j’étais grognon.


Le jour du départ, mon cher et tendre daigne enfin jeter un œil au guide du routard pour me dire ce qu’il aimerait absolument voir. 2h avant le départ, il est large n’est-ce pas.
Départ légèrement dans la panique pour cause de « on a le temps ».  

15 km après la maison, « hey mon sac est léger, tu l’as mis dans le tiens le guide » « ah bah non, tu l’as pas repris ? » « ben TU étais en train de le lire »…  C’en est suivi d’une légère engueulade évidemment, parce que j’étais toujours pas de meilleur poil.

Nous sommes arrivés au parking 3 de l’aéroport, celui qui est le plus loin. C’est pas un problème puisque théoriquement, il y a une navette toutes les 7 minutes. Au bout d’un quart d’heure, n’étant pas trop trop en avance, on a fini par mettre les voiles à pattes. Avec les valises. A une vitesse de tortue puisque j’étais toujours souffrante.  25 minutes plus tard, on était à l’aéroport, nous avons passé le contrôle des bagages… Il nous est resté 15 minutes pour changer un peu d’argent et…. Retrouver un guide de voyage, pas génial certes, mais un guide quand même.

Et puis après ce départ en fanfare, la partie cool du voyage a commencé !


Nous avons organisé nos visites en fonction de deux éléments :  par quartier et en fonction des jours de fermetures (les musées ferment le lundi, le quartier juif du vendredi soir au samedi). Voici un aperçu de notre programme.

Jour 1 

Le parlement : il s’agit de l’un des plus grands parlements du monde. Il est vraiment majestueux, aussi magnifique de l’extérieur qu’à l’intérieur. Si vous souhaitez une visite guidée, nous vous conseillons vraiment de réserverà l’avance sur le site internet, et de venir au moins 20 minutes avant l’heure de votre rendez-vous. Nous sommes partis en moyenne saison, et il y avait encore de loooongues files d’attente. N’oubliez pas après votre visite du parlement de vous arrêtez au musée, à côté de la sortie mais toujours dans le bâtiment si vous souhaitez en savoir plus sur l’évolution politique du pays. C’est inclus dans le prix de la visite, l’audio guide est de qualité et la visite interactive.
pas de photos en HDR ultra retouchée, la vérité nue : oui, nous avons fait notre première journée sous la pluie battante !


A proximité, sur la place Kossuth Lajos tér, vous trouverez le discret « 1956 memorial », il se situe au numéro 3 sur le plan. Il retrace brièvement la révolte de 1956 et propose des témoignages de survivants. C’est très intéressant, mais aussi très impressionnant : les vidéos d’archive montre la population se faire abattre, adultes comme enfants, elles ne sont pas exempte de cadavres (finalement BFMTV n’a rien inventé)… Un char holographique en taille réelle vous tire dessus, bref, ça permet de prendre la portée des évènements mais je pense que c’est aussi volontairement « choquant ».  Pas une visite à faire en famille donc !

Promenade le long du Danube : les berges sont très bien aménagées, il est très agréable de s’y promener.  Les ponts pour le traverser ont tous une large voie piétonne.  Nous en avons profité également pour passer près de l’œuvre « mémorial des chaussures », en souvenir des juifs exécutés puis jetés dans le fleuve. 

Ile Marguerite : Malheureusement, la plupart des monuments à visiter sur l’île étaient inaccessibles pour cause de travaux. Ce qui n’empêche pas le lieu d’être vraiment très agréable et bucolique. Nous avons loué une voiture à pédale pour faire le tour, à l’ombre des arbres et en compagnie des écureuils. Des pistes de courses sont à dispositions pour les sportifs et un mini-zoo pour occuper les enfants.

Saurez-vous retrouver l'adorable écureuil qui se cache dans cette photo? *_* :3
Basilique Saint Etienne : la basilique se dresse sur la place szent Istvan, dans un quartier piéton qui rappelle le quartier latin à Paris (de manière générale, Budapest une capitale à l’architecture « vieille Europe » comme à Paris ou Vienne).


Jour 2

La synagogue : la plus grande d’Europe, et la deuxième plus grande du monde, construite sur le modèle d’une église en 1854 pour se faire discrète.  Au-delà de l’architecture, n’hésitez pas à lire les panneaux informatifs disposés dans la galerie extérieure pour apprendre plus sur l’histoire du lieu, notamment pendant le ghetto de Budapest. C’est un endroit très émouvant, chargé d’une lourde histoire, alors s’il vous plait, aimables touristes, rappelez-vous que certains descendants viennent se recueillir ici et évitez de vous comporter en gros rustre avec votre appareil photo. J’ai du mal à comprendre comment on peut faire un selfie à côté d’un mec en larme qui vient de retrouver la trace d’un des membres de sa famille sur un mémorial. Mais je suis sûrement trop émotive.



Musée national de Hongrie : un très grand musée, qu’il n’est pas la peine de visiter si vous ne comptez pas prendre d’audio-guide, il n’y a que très peu d’indications dans les vitrines. Et même si vous prenez un audio guide, il s’agit d’une visite « à l’ancienne », il n’y a pas de numéro de vitrine, le guide présente l’ensemble de la pièce, on ne peut pas écouter seulement ce qui nous intéresse.  Je vous préviens, parce que nous avons mis 2h30 à suivre cette visite audio-guidée (français disponible), et sur la fin, nous avouons humblement avoir arrêté d’écouter pour lire uniquement le petit panneau à l’entrée de la salle qui présente l’époque. Le musée est très complet et permet de découvrir le pays depuis le moyen-âge jusqu’à l’indépendance du pays après le départ des russes. 

Monument de la libération : avec mon mal de dos, la libération a surtout eu lieu une fois redescendue et vautrée sur un banc. Mais je ne regrette rien : la statue est colossale, et la vue sur la ville magnifique. A faire en fin d’après-midi pour profiter du coucher du soleil !

c'est haaaut!
Sziklatemplom : une église dans une grotte, entre les bains Gellert et le départ du sentier pour le monument de la libération. Une visite pas indispensable si vous manquez de temps (aucun de mes deux guides ne la mentionnent), mais étonnante et insolite. 




Pont de la liberté : essayez de traverser un pont à pied au moins une fois pendant votre séjour, le temps d’apprécier le panorama sur le Danube !


Jour 3


Bains Széchenyi : wow ! Pour les amateurs de sauna, hammam, bains chauds (et froid), et de natation, le cadre est magnifique. Nous avons  choisi ces bains par rapport  au reste de nos visites dans le coin, mais il y en a plein d’autres que vous pouvez trouver sur l’excellent site suivant. Vous pouvez réserver vos tickets dans la plupart des hôtels pour éviter de faire la queue (il faut se rendre au point d’information à droite dans l’entrée principale pour récupérer votre badge et rentrer directement). Infos utiles : si vous souhaitez profiter du bassin de nage, le bonnet est obligatoire. Pensez à prendre vos propres serviettes, si vous en avez la possibilité des claquettes. Il existe deux formules : cabin et locker. Cabin : vous disposez d’un casier et d’une cabine privative pour vous changer. Locker : vous disposez d’un casier et vous vous changez dans un vestiaire commun.
Environ 15€ par personne pour la journée complète.

Place des héros 

Château de Vajjdahunyad : nous n’avons pas visité les intérieurs, mais le parc est très agréable.



Maison de la terreur : l’ancien QG des Croix Fléchées (les nazis hongrois), puis de la police politique communiste. Un garde à l’entrée vous ouvre la porte, puis vous arrivez dans un bâtiment sombre, sans fenêtre. Le ton est donné. On trouvera plus particulièrement des informations sur la période d’occupation communiste, au détriment de la période fasciste (que vous pourrez compléter dans d’autres musées ceci-dit, mais c’est tout de même important de le noter). Dans ce musée, on découvrira des objets ayant appartenu aux chefs de la police, des témoignages de déportés (époque communiste), et de nombreux spots de propagandes mis en regard avec le témoignage des habitants. Le matériel d’écoute a été conservé et vous pourrez donc jeter un œil à la machinerie nécessaire pour la surveillance de la population. Le plus impressionnant est néanmoins le sous-sol, auquel on accède via un ascenseur très lent, où le bourreau explique comment on lui demandait de torturer ou d’exécuter les prisonniers. On visite ensuite les cellules exigües et même la salle du gibet. Une visite déconseillée aux enfants. Malgré l’absence de fenêtre, mon claustrophobe de mari m’indique que ce n’est pas gênant pour visiter. Le malaise provient surtout de l’histoire du lieu…et de sa résonnance avec notre époque et ses dérives extrémistes.
Attention : information exclusivement en hongrois et en anglais.

Marché couvert : parfait pour faire les achats de souvenir avant de partir ;)


Jour 4 : 

Balatonfüred : il s’agit de THE station « balnéaire » de Hongrie, au bord du lac Balaton. Le lieu est magnifique, mais une journée c’est un peu court : il faut compter 2h de train pour s’y rendre, et 1h de bus si l’on veut se rendre au départ des randonnées les plus intéressantes. A Balatonfüred, on trouve des musées vieillots, et des plages, toutes payantes mais très bien équipées. Une petite parenthèse au calme pour bouquiner tranquillement les pieds dans l’eau.

Jour 5 :

Nous avons profité de ce dernier jour pour gravir la colline de Buda et nous promener dans le quartier du château. Pas de visite au programme, si ce n’est la magnifique église Matyas. Nous vous déconseillons de prendre un ticket pour le bastion du pêcheur, il suffit en effet de passer sous les alcôves à gauche du bar pour prendre ses photos gratuitement.






Quelques infos supplémentaires :


La gastronomie locale ayant été révolutionnée par les allemands, ne vous attendez pas à un orgasme gustatif. On mange tout pané et frit, en sauce, et sans légumes. Si vous avez un peu de budget (une quarantaine d’euros pour un plat + un dessert et une boisson pour deux), il y a tout de même d’excellents restaurants, notamment le Rosenstein.

Tout est accessible en transport en commun, les contrôles sont systématiques donc prenez bien un ticket. Nous on a pris le ticket 72h. Si vous avez l’occasion de passer par un office du tourisme, demandez un plan pour les trames et bus, le métro est très simple, mais si votre guide n’indique pas les numéros de tram ou bus à prendre, c’est plus compliqué de s’y retrouver, peu de plans indiquent les monuments à proximité des arrêts.

On trouve très aisément des informations en anglais, allemand ou italien. 

On vous déconseille le guide Michelin "week-end Budapest" si vous souhaitez avoir des informations approfondies sur l'histoire de la ville et du pays, il s'agit vraiment de conseils pratiques pour la visite sans réels approfondissements. Et il est assez pauvre en bonnes adresses pour manger.