jeudi 14 mai 2015

Morwenna - Jo Walton

Morwenna Phelps, qui préfère qu'on l'appelle Mori, est placée par son père dans l'école privée d'Arlinghurst, où elle se remet du terrible accident qui l'a laissée handicapée et l'a privée à jamais de sa sœur jumelle, Morganna. Là, Mori pourrait dépérir, mais elle découvre le pouvoir des livres de science-fiction. Delany, Zelazny, Le Guin et Silverberg peuplent ses journées, la passionnent.
Un jour, elle reçoit par la poste une photo qui la bouleverse, où sa silhouette a été brûlée. Que peut faire une adolescente de seize ans quand son pire ennemi, potentiellement mortel, est une sorcière, sa propre mère qui plus est? Elle peut chercher dans les livres le courage de combattre. Ode à la différence, journal intime d'une adolescente qui parle aux fées, Morwenna est aussi une plongée inquiétante dans le folklore gallois. Ce roman touchant et bouleversant a été récompensé par les deux plus grands prix littéraires de la science-fiction : le prix Hugo et le prix Nebula. Il a en outre reçu le British Fantasy Award.


Ce livre est probablement l'un de mes coups de coeur, non pas de l'année, mais de tous les temps.
Et pourtant, j'ai énormément de mal à en parler. La critique que je trouve la plus juste est celle du webzine Elbakin.
Je vais essayer d'expliquer ce qui m'a tant plu.

Une nostalgie de l'enfance et la traversée de l'adolescence :
Ce roman n'est pour moi par un roman pour ados ni un roman initiatique, même si Morwenna est une adolescente qui grandit et fait son chemin (n'est-ce-pas le propre de tout être humain à n'importe quel âge de toute façon?).  C'est un revanche une magnifique écriture, qui a réussi à me replonger à la fois dans le meilleur de cette époque et le pire. Jo Walton a su, sans jamais tomber dans le cliché, la mièvrerie ou la facilité, à créer une ambiance particulière.
Morwenna est une ado mature, réfléchie, et jamais ennuyeuse. Elle a un regard très objectif sur les relations, qu'elles soient amicales, amoureuses, sexuelles ou familiales, sans sombrer dans le cynisme. A travers son journal, on revit nos jeux d'enfants, nos premiers émois, les difficultés à adopter un comportement à la fois en adéquation avec notre personnalité, et la situation, la société.

C'est avec tendresse qu'on lit la vie de Mor. C'est avec une immense avidité que j'ai dévoré les pages, pour en savoir plus sur ce drame qui lui a enlevé sa sœur, en savoir plus sur les intentions de sa mère. A quel niveau de lecture se fier? Parle-t-on de deuil ou de folklore? Quel regard choisir? (Personnellement, on m'a dit que quand un enfant arrête de croire aux fées, il y en a une qui meurt, du coup, je n'ai eu aucun problème à me laisser embarquer par l'aspect fantastique du texte! ).
Le roman est vraiment un plaisir à lire, c'est bien écrit, les personnages sont profonds et crédibles, j'ai lu ce livre il y a quelques mois maintenant, et de faire cette critique, je n'ai qu'une envie c'est de m'y replonger!

L'amour de la lecture :

Ce livre parle également...de l'amour de la lecture. Je pense que tous les lecteurs passionnés du monde, amateurs de science-fiction ou non, se sentiront enveloppés par la chaleur des bibliothèques, des librairies et plus des pages égrenées par Morwenna.
On y retrouve les livres comme refuges, professeurs, amis... Des titres qui nous émeuvent, d'autres qui nous insupportent. La lecture comme rempart contre la solitude, à la fois car elle permet de s'immerger dans un autre monde mais aussi car elle permet de se lier à d'autres lecteurs. La lecture comme vecteur de solitude parfois, parce qu'elle coupe du monde et construit un rempart. La lecture comme planche de salut. Mais toujours, la lecture comme pilier et élément de la construction de soi.

La découverte de nouveaux auteurs :

Et surtout, ce livre m'a donné envie d'en lire plein d'autres. Morwenna dévore les livres, les commente, et m'a permis de me rendre compte que les classiques de la science fiction n'étaient pas forcément aussi ennuyeux qu'ils en avaient l'air (à mes yeux).
En effet, Mor ne lit quasiment que des bouquins de science fiction ou de fantasy. D'ailleurs, pour comprendre mon amour pour Tolkien, il suffirait de lire Morwenna, elle explique cela très bien. Bref, revenons à la SF, c'est un genre que j'ai surtout découvert avec le cyberpunk, l'anticipation (ou la dystopie comme on dit aujourd'hui ). J'ai tenté Asimov quand j'étais jeune ado et je n'ai même pas tenu 4 pages tant le style me paraissait vieillot, les aspects scientifiques très compliqués, et hors de ma portée.

En lisant Morwenna, je me suis rendue compte que les classiques ne se limitent pas à Asimov, et à l'aspect scientifique. J'ai donc un nouvel objectif : lire les livres recommandés par Morwenna... enfin peut-être pas tous car la liste est longue!

J'ai déjà commencé avec Ursula Le Guin (Les dépossédés) et Samuel Delany (Triton), qui sont évoqués et comparés tout au long du livre.

Vraiment, j'espère vous avoir convaincu de vous pencher sur ce roman.

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